Vision apocalyptique

D’une pensée, alors que je faisais ma vaisselle en écoutant joyeusement de la musique, j’ai retrouvé mes pensées propulsées dans un cauchemar : un monde où dans les prochains jours des scientifiques découvraient que la rotation de la terre avait brusquement augmenté et que cela entrainait divers effets qui menait à une fin du monde très prochaine. Je me suis alors posée la question de ce que je ferai si l’on connaissait la date de fin du monde, de destruction de la vie sur terre et que cette date allait survenir dans les prochaines semaines. J’ai pensé aux personnes avec lesquelles je souhaiterais passer du temps (pensant également je ne serais peut-être par sur leur liste), aux choses que je voudrais faire, aux lieux que j’aimerais voir, aux endroits que je voudrais visiter… Et puis j’ai pensé que peut-être qu’en désespoir de cause, tout étant perdu de toute façon, tout serait ouvert (plus besoin de payer, ni de réserver), qu’on pourrait faire « ce que l’ont voudrait » à des frais communs. Mais alors j’ai pensé que les humains deviendraient complètement fous, que les plus riches et puissants profiteraient des ressources très rapidement, épuisant tout en un éclair et ne laissant donc au final plus rien (ne changeant alors guère de l’état actuel des choses) à ceux qui auraient moins d’accès aux ressources. Le monde déjà tourneboulé deviendrait alors affreusement apocalyptique et faisant ressortir le pire en l’être humaine, une course à l’épuisement des ressources.
Ces pensées m’ont rendue malade. J’ai vu le pire de l’humain, le désordre, le désespoir profond, l’inéluctabilité des choses, la perte de toute la beauté, tout espoir, toute positivité… Je me suis fait violence pour ne pas m’enfoncer plus en avant encore dans ces abîmes et sortir au plus vite de ses pensées dont la puissance destructrice m’a effrayée et profondément marquée.

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Aimer, cette fragilité.

Mais dans quelle énorme fragilité nous nous engageons en laissant notre coeur libre d’aimer. Une faiblesse pouvant être fatale. Le risque de tant de douleur, de doutes, pour un bonheur, certes inégalable, mais renversable si aisément.

Un mot, un geste, une minute peut tout changer, faire passer des toîts du monde, aux abîmes les plus profondes.

Et malgré le vécu, malgré les chutes, malgré la conscience du risque, nous recommençons, aimons, et rechûtons en douleur.

Plus le nombre de personnes à qui nous ouvrons notre coeur est élevé, plus notre fragilité et notre vulnérabilité augmente. Pourtant la joie augmente aussi souvent avec.

Que la vie est pleine de paradoxes ! Comment faire pour y survire ?! Pour vivre…

Ne pas aimer ? Voici une solution à toutes les souffrances. Cela en est aussi une, radicale, à toutes les joies profondes. Comment vivre sans aimer ?

Pourquoi se mettre dans un tel danger, totalement opposé à un instinct de survie, une fois, deux fois, et puis encore et encore, à plusieurs reprises ? Et nous aimons, une fois, une personne, une autre, une situation, une autre, une deuxième fois… Toujours en multipliant les failles, en laissant tomber les armes, les protections, parce qu’on « se sent bien », jusqu’à ce que tout s’effondre et que nous soyons blessés, au plus profond, là où nous avons laissé entre l’autre…

Mon cœur

J’ai le cœur libre
La poitrine béante
S’ouvrant au monde
Mon cœur s’offre
Aux sensations
Extérieures

Y déposer de la douceur
Est facile
Le griffer violemment
Tout autant

La chaude caresse
De l’amour
Réconforte et soigne

La blessure
D’un inconnu
Rarement impactante
Guérie vite

Celle d’un connu
Reste et
Ne cicatrise pas aisément
La trace toujours sera là

A chaque nouvelle
Griffure
La plaie se rouvre
Et en est plus douloureuse

Le cœur ouvert
Force à vivre
Intensément
Avec ces griffures
Et ces caresses

Tout est très beau
Tout est très dur

Vivre

                                                                                                                                    Soie    ~ 15.4.2018

Insomnie

Et quand tournent les pensées,

Et quand défilent les minutes,

Puis les heures,

Puis les mêmes pensées,

Quand le corps s’écroule,

Mais que l’esprit veille…

Tu sais que l’insomnie est là,

Et tu la vois,

Se pencher sur toi,

Et ne plus te quitter du regard.

Alors même que tu ne la désire pas,

Elle reste,

Compagne de mes nuits,

D’angoisses, de doutes et de soucis.

– Soie. 15.11.18.