Aimer, cette fragilité.

Mais dans quelle énorme fragilité nous nous engageons en laissant notre coeur libre d’aimer. Une faiblesse pouvant être fatale. Le risque de tant de douleur, de doutes, pour un bonheur, certes inégalable, mais renversable si aisément.

Un mot, un geste, une minute peut tout changer, faire passer des toîts du monde, aux abîmes les plus profondes.

Et malgré le vécu, malgré les chutes, malgré la conscience du risque, nous recommençons, aimons, et rechûtons en douleur.

Plus le nombre de personnes à qui nous ouvrons notre coeur est élevé, plus notre fragilité et notre vulnérabilité augmente. Pourtant la joie augmente aussi souvent avec.

Que la vie est pleine de paradoxes ! Comment faire pour y survire ?! Pour vivre…

Ne pas aimer ? Voici une solution à toutes les souffrances. Cela en est aussi une, radicale, à toutes les joies profondes. Comment vivre sans aimer ?

Pourquoi se mettre dans un tel danger, totalement opposé à un instinct de survie, une fois, deux fois, et puis encore et encore, à plusieurs reprises ? Et nous aimons, une fois, une personne, une autre, une situation, une autre, une deuxième fois… Toujours en multipliant les failles, en laissant tomber les armes, les protections, parce qu’on « se sent bien », jusqu’à ce que tout s’effondre et que nous soyons blessés, au plus profond, là où nous avons laissé entre l’autre…

Mon cœur

J’ai le cœur libre
La poitrine béante
S’ouvrant au monde
Mon cœur s’offre
Aux sensations
Extérieures

Y déposer de la douceur
Est facile
Le griffer violemment
Tout autant

La chaude caresse
De l’amour
Réconforte et soigne

La blessure
D’un inconnu
Rarement impactante
Guérie vite

Celle d’un connu
Reste et
Ne cicatrise pas aisément
La trace toujours sera là

A chaque nouvelle
Griffure
La plaie se rouvre
Et en est plus douloureuse

Le cœur ouvert
Force à vivre
Intensément
Avec ces griffures
Et ces caresses

Tout est très beau
Tout est très dur

Vivre

                                                                                                                                    Soie    ~ 15.4.2018

Insomnie

Et quand tournent les pensées,

Et quand défilent les minutes,

Puis les heures,

Puis les mêmes pensées,

Quand le corps s’écroule,

Mais que l’esprit veille…

Tu sais que l’insomnie est là,

Et tu la vois,

Se pencher sur toi,

Et ne plus te quitter du regard.

Alors même que tu ne la désire pas,

Elle reste,

Compagne de mes nuits,

D’angoisses, de doutes et de soucis.

– Soie. 15.11.18.

Creativity

          Créer n’est pas anodin. Il s’agit de partir de rien (ou de peu) et de faire naître quelque chose de grand, de plus, quelque chose. Je pense que chaque création est importante. Même si elle semble insignifiante. Car elle exprime forcément quelque chose. On ne peut pas partir de rien ou de pas grand-chose et créer quelque chose sans rien vouloir transmettre (dans les cas les plus extrêmes, le créateur voudra justement ne rien transmettre, ce qui est donc quand même une transmission !).

          La diversité des choses créées est immense mais pour les choses qui sont à créer (pour celles qui seront créées) ce n’est plus d’une immense diversité qu’il s’agit mais d’une infinité de possibilités. Peut-être même pouvons nous créer plusieurs fois la même chose. Dans ce cas là tout est à (re)faire !

          Parlons de deux aspects de la création. Je pense qu’il y a d’un côté l’inspiration, l’improvisation et leurs camarades qui sont moteurs de création et d’un autre côté il y a la volonté de création qui peut créer mais qui n’est pas toujours desservie par des éléments de création et qui dans ce cas est (très) difficile à vivre (comme toute frustration). Mais la volonté de création peut aussi amener à des choses tout à fait surprenantes car poussé.e.s par cette volonté, sortir de sa zone de confort est plus facile et alors des choses surprenantes et inhabituelles naissent, apparaissent. Parfois elles ne sont pas à la hauteur de nos attentes ce ne sont pas pour autant des échecs) mais parfois d’agréables surprises naissent !

(20-5-18)